Chirurgie des seins

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Comment éviter les coques mammaires ?

A la suite d’une intervention d’augmentation mammaire par implant, il est possible qu’apparaisse une coque, également appelée contracture capsulaire ou coque périprothétique (autour de la prothèse). Bien que cette complication soit rare, elle peut malgré tout survenir. Voici tout ce que vous devez savoir sur les coques mammaires et quelques conseils pour prévenir leur apparition.

éviter les coques mammaires | Dr Runge | Paris

En résumé

Cet article détaille les signes de rupture des prothèses et les mécanismes de formation des coques mammaires, de leur diagnostic clinique à leur traitement chirurgical. Je vous explique comment différencier une fuite de silicone d’un dégonflement salin et l’importance d’un suivi radiologique régulier.
 
Mon Avis : La vigilance est la clé ; une échographie annuelle dès la septième année est le meilleur moyen d’anticiper l’usure naturelle et d’éviter les complications douloureuses.

Définition : qu’est-ce qu’une coque mammaire ?

La coque mammaire, ou contracture capsulaire, correspond à une réaction inflammatoire physiologique de l’organisme à la présence de l’implant mammaire, donc après une chirurgie des seins par prothèses.

La coque peut se former à la suite d’une réaction fibreuse qui encapsule l’implant et l’emprisonne. On parle aussi de membrane d’exclusion. Celle-ci, par un mécanisme inflammatoire, peut être amenée à se contracter et donc être à l’origine d’une dureté, voire d’une déformation inesthétique du sein, ainsi que de douleurs.

Contrairement à il y a quelques années et du fait des nombreux progrès en chirurgie esthétique, la formation de coque mammaire est peu répandue (entre 1 et 5% selon les études). Le risque est par ailleurs diminué en cas de pose des prothèses en position rétromusculaire (sous le muscle pectoral du fait de sa grande vascularisation).

A noter qu’une coque n’est pas spécifique à la chirurgie mammaire, elle peut faire son apparition dès qu’un corps étranger est introduit dans l’organisme (pace maker, cathéter veineux, etc.).

Le diagnostic de la coque mammaire avec votre médecin

Le diagnostic de la coque mammaire est clinique. L’examen morphologique (échographie) n’est pas nécessaire. Le Dr Runge peut déceler une contracture capsulaire lors d’un examen médical et même évaluer son stade selon la classification de Baker :

  1. La consistance du sein est sans particularité (stade 1)
  2. Le sein est plus dur que d’habitude (stade 2)
  3. La poitrine est dure, figée et l’implant est peu mobile (stade 3)
  4. Le sein est dur voire inflammatoire et douloureux (stade 4).

Contracture capsulaire : quels traitements ?

Le traitement d’une coque mammaire est celui de la cause. Il n’existe pas de solution thérapeutique médicamenteuse ni de soin particulier pour améliorer l’apparence de la contracture musculaire. Seule une réintervention chirurgicale peut traiter les coques, en particulier lorsqu’elles sont sévères (à partir du stade 3).

Dès lors, il est vivement conseillé de recourir à une reprise chirurgicale afin de retirer la coque et de remplacer l’implant mammaire. Le Dr Runge vous proposera alors un implant moins volumineux pour qu’il soit mieux accepté par votre corps.

Il est aussi préférable de mettre en place des prothèses mammaires pré remplies de gel de silicone dotées d’une couverture en polyuréthane apparemment associées à un taux de coque moins important sur le long terme.

Dans tous les cas, il est important de souligner que, même après un changement d’implant pour coque, le risque de récidive est plus important que le risque initial. On parle alors de “coque secondaire”.

Quelles solutions pour éviter les coques mammaires ?

Si les contractures capsulaires sont imprévisibles et peuvent survenir au bout de quelques semaines comme après plusieurs années, les éviter passe par la prévention.

Pour limiter cette complication, les patientes sont invitées à se masser les seins 10 à 15 minutes chaque jour en prévention. Certains experts estiment aussi qu’il est préférable d’utiliser des implants texturés (surface irrégulière) plutôt que lisses afin de limiter les risques.

Enfin, comme expliqué précédemment, l’idéal est d’utiliser dès le départ des prothèses pré remplies de gel de silicone et recouvertes d’une couche de polyuréthane.

FAQ

Il s’agit d’une réaction inflammatoire physiologique où votre corps crée une membrane fibreuse pour isoler l’implant. Si cette membrane se contracte de manière anormale, le sein devient dur et peut se déformer ; c’est ce que j’appelle la contracture capsulaire, une complication qui concerne aujourd’hui 1 à 5 % des cas.

J’évalue la sévérité de la coque selon quatre stades : le stade 1 est un sein normal, tandis qu’au stade 2, le sein est plus ferme. Aux stades 3 et 4, la poitrine devient dure, figée, voire douloureuse et inflammatoire, ce qui nécessite généralement une intervention de ma part.

Malheureusement, il n’existe pas de solution médicamenteuse efficace pour supprimer une contracture capsulaire installée. Seule une réintervention chirurgicale me permet de retirer la coque (capsulectomie) et de remplacer l’implant, souvent par un modèle moins volumineux ou avec un revêtement différent.

Je vous recommande de masser vos seins 10 à 15 minutes chaque jour pour maintenir la souplesse des tissus. Dans ma pratique, je privilégie également l’utilisation de prothèses recouvertes de polyuréthane ou texturées, ainsi qu’une pose derrière le muscle pectoral pour limiter ce risque.

C’est une excellente alternative que je propose souvent à mes patientes qui souhaitent retirer définitivement leurs implants. En injectant votre propre graisse, je peux restaurer un volume naturel et éviter l’aspect « vidé » du sein, tout en supprimant les risques liés aux corps étrangers.

Je préconise une consultation clinique annuelle avec moi-même ou votre gynécologue. Dès la septième année suivant la pose, je vous conseille de réaliser une échographie mammaire tous les 1 à 2 ans pour vérifier l’intégrité de l’enveloppe, même si vous ne ressentez aucun symptôme.