Chirurgie des seins

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Rupture du prothèse : comment savoir s’il existe une fuite de votre implant mammaire

La rupture d’une prothèse mammaire est une complication possible par suite d’une augmentation des seins par implants. Celle-ci peut survenir sur les prothèses remplies d’une solution saline comme sur celles en gel de silicone. Le Dr Runge vous explique comment savoir si votre implant mammaire est rompu et surtout quelle conduite tenir.

Un implant mammaire est rompu | Dr Runge

En résumé

Cet article détaille les signes cliniques d’une rupture de prothèse mammaire, qu’elle soit en sérum physiologique ou en gel de silicone, tout en soulignant l’importance du suivi clinique et radiologique pour prévenir les complications comme la contracture capsulaire. Une prise en charge chirurgicale rapide permet de restaurer l’esthétique et le confort de la poitrine, avec une possible couverture par l’Assurance Maladie en cas de fuite avérée.
 
Mon Avis : La vigilance est la clé ; bien que les implants modernes soient très résistants, une échographie annuelle dès la septième année est le meilleur moyen d’anticiper une usure naturelle.

Les causes d’une rupture d’implant mammaire

La chirurgie mammaire peut prendre différentes formes : lipofilling des seins, réduction mammaire, augmentation mammaire par prothèses, etc. Dans ce dernier cas, l’objectif est d’augmenter le volume de la poitrine grâce à la mise en place d’implants.
Il peut arriver que ces derniers se rompent. Il s’agit toutefois d’un phénomène très peu répandu, en particulier depuis le remplacement des prothèses remplies de sérum physiologique par des implants en silicone de nouvelle génération.

Différents facteurs peuvent favoriser la rupture des implants. Il y a tout d’abord le facteur temps qui joue un rôle essentiel. Plus la prothèse est ancienne, plus le risque est grand.
La rupture d’un implant peut également faire suite à un traumatisme violent (une piqûre accidentelle, un choc…) ou être la conséquence d’une contracture capsulaire (ou coque mammaire), d’une compression au cours d’une mammographie, de dommages causés par des instruments chirurgicaux ou encore d’un remplissage excessif ou d’un sous-remplissage des prothèses avec une solution saline.

Les conséquences d’un implant rompu

Une rupture d’implant mammaire prend la forme d’une déchirure ou d’un trou dans l’enveloppe extérieure de la prothèse. Les conséquences peuvent donc varier en fonction de ce qu’elle contient.

Rupture d’un implant mammaire rempli de solution saline

Dans le cas d’une déflation d’un implant rempli de solution saline (sérum physiologique), celui-ci va se dégonfler plus ou moins rapidement. La solution saline va alors s’échapper de l’enveloppe. Cependant, le liquide se résorbe naturellement dans votre corps et n’entraîne pas de complication à l’exception d’une poitrine inesthétique.

Lors d’une rupture d’un implant mammaire rempli de sérum physiologique, le dégonflement de la prothèse est rapide et généralement intégral. Le diagnostic est donc aisé et le plus souvent réalisé par la patiente elle-même.

Rupture d’un implant mammaire rempli de gel de silicone

Ce n’est pas le même processus lors d’une rupture d’un implant mammaire rempli de gel de silicone, plus épais que le sérum physiologique. Le phénomène passe même souvent inaperçu jusqu’à un certain stade. En effet, le gel de silicone reste dans l’enveloppe ou dans le tissu cicatriciel formé autour de la prothèse (rupture intra-capsulaire). Seul un examen d’imagerie peut déceler l’anomalie.

Si le gel se diffuse dans l’organisme, la patiente peut rencontrer différents symptômes : douleurs ou sensibilité du sein, fourmillements, engourdissement, gonflement, modification de la taille du sein ou de sa forme, apparition de ganglions de l’aisselle, durcissement du sein…

La formation de coque : un risque à surveiller de près

Lorsqu’un implant mammaire se perce, l’une des complications possibles est la formation d’une coque autour de l’implant, également appelée contracture capsulaire. Cette réaction se produit lorsque le corps réagit à la présence de l’implant comme s’il s’agissait d’un corps étranger. Le corps forme naturellement une capsule de tissu fibreux autour de l’implant pour isoler ce dernier. Dans des conditions normales, cette capsule reste souple et n’est pas problématique. Cependant, lorsque l’implant est endommagé ou présente une fuite, cela peut provoquer une réaction inflammatoire accrue et conduire à un durcissement anormal de cette capsule, créant ainsi une contracture capsulaire.

Lorsqu’un implant se perce, qu’il s’agisse de gel de silicone ou de solution saline, le contenu peut s’échapper dans les tissus environnants. Dans le cas des implants salins, la solution est généralement absorbée sans danger par le corps, mais l’implant dégonflé peut provoquer une irritation mécanique et favoriser la contracture. Avec les implants en silicone, si le gel s’échappe et reste dans la capsule, cela peut entraîner une réponse immunitaire plus agressive, accentuant le risque de formation de coque. Le tissu cicatriciel se contracte alors autour de l’implant, entraînant une douleur, une déformation esthétique et parfois un durcissement notable de la poitrine.

La contracture capsulaire peut être classée selon une échelle allant de légère (grade I) à sévère (grade IV), où les cas les plus graves peuvent rendre la poitrine rigide et douloureuse. La prévention de cette complication repose principalement sur la surveillance régulière de l’état des implants, une bonne hygiène opératoire, et la gestion rapide des cas de rupture ou de fuite.

Que faire en cas de rupture et de fuite de prothèse mammaire ?

Toute modification de la texture ou de la forme des seins doit alerter les patientes, de même que l’apparition de vagues, de coques ou d’éléments anormaux. Quel que soit le stade de rupture des prothèses, vous pouvez envisager leur remplacement ou simplement décider de les retirer. A noter qu’il est parfois intéressant de remplacer le volume des implants par une injection de la graisse autologue (lipofilling mammaire).

La perforation d’un implant mammaire ne nécessite pas toujours un changement immédiat de prothèse. Avant de prendre cette décision, il est crucial de vérifier si l’implant est réellement endommagé et s’il existe des signes de rupture.

Lorsque la perforation est suspectée, une évaluation médicale approfondie est essentielle. Outre la détection de toute anomalie de l’implant, il est aussi primordial de vérifier l’absence de tout signe de cancer. Cette vérification préventive rassure et garantit une prise en charge optimale.

Si, après examen, aucune rupture n’est détectée, il peut être possible de conserver l’implant en place. Cependant, une surveillance régulière est nécessaire pour s’assurer que la prothèse reste en bon état et ne présente pas de risque pour la santé.

Par ailleurs, sachez que si la pose d’implants mammaires n’est que très rarement prise en charge par l’Assurance Maladie, les complications qui en résultent, à l’instar d’une fuite de gel silicone ou d’une menace imminente de rupture, sont couvertes.

Rupture ou fuite de prothèse mammaire : miser sur la prévention

Même en l’absence de perforation ou de rupture, une surveillance annuelle des implants mammaires est vivement recommandée. Cela permet de détecter précocement toute anomalie et d’éviter des complications plus graves à long terme.
Certains examens de contrôle sont importants pour anticiper les risques de fuite. Une consultation régulière (annuelle) avec le Dr Runge et/ou le gynécologue permet de tranquilliser la patiente. Au moindre doute, des examens plus poussés sont prescrits, comme une échographie ou une mammographie.

Il est dans tous les cas indispensable de changer de prothèses mammaires tous les 10 ans, une surveillance accrue est donc essentielle 7 ans après la pose.

FAQ

Le diagnostic dépend du type d’implant. Si votre prothèse contient du sérum physiologique, vous remarquerez un dégonflement rapide et visible du volume de votre sein. Pour les implants en silicone, la rupture est souvent « silencieuse » et je ne peux la détecter que par une modification de la souplesse du sein ou via un examen d’imagerie (échographie ou IRM).

Dans le cas du sérum physiologique, le liquide est absorbé sans danger par l’organisme. Pour le gel de silicone, s’il reste contenu dans la capsule fibreuse, il n’y a pas d’urgence vitale, mais je recommande une intervention pour éviter une inflammation des tissus ou une migration du gel vers les ganglions lymphatiques.

Vous pouvez ressentir une douleur inhabituelle, un durcissement du sein, ou observer un changement de forme ou de taille de votre poitrine. Parfois, l’apparition de petits ganglions sous l’aisselle peut également être un signe que le gel s’est diffusé hors de la capsule.

Bien qu’il n’y ait plus de date de péremption stricte, je constate qu’une surveillance accrue est nécessaire à partir de 7 à 10 ans. Le facteur temps est la cause principale de rupture par usure mécanique de l’enveloppe ; c’est pourquoi je préconise un contrôle annuel passé ce délai.

C’est un risque théorique extrêmement rare lors d’une compression excessive, mais les techniques actuelles de radiologie sont adaptées aux femmes porteuses d’implants. Je conseille simplement de prévenir le radiologue afin qu’il adapte la pression lors de l’examen de dépistage.

Il s’agit d’une réaction immunitaire où votre corps crée une membrane fibreuse trop rigide autour de l’implant. En cas de fuite, cette capsule peut s’épaissir et se contracter, rendant le sein dur, figé et parfois douloureux, ce qui nécessite souvent une intervention de remplacement.

Je vous invite à prendre rendez-vous pour une consultation clinique immédiate. Je prescrirai généralement une échographie mammaire ou une IRM pour confirmer la rupture de l’enveloppe avant d’envisager, ensemble, le changement de vos implants ou un retrait définitif.

Oui, contrairement à la chirurgie esthétique initiale, la prise en charge des complications liées à une rupture d’implant (fuite de gel de silicone ou menace de rupture) est couverte par l’Assurance Maladie. Je vous accompagnerai dans les démarches administratives nécessaires.

C’est une excellente alternative que je propose souvent. Si vous souhaitez retirer vos implants sans en poser de nouveaux, je peux réaliser une injection de votre propre graisse (lipofilling mammaire) pour restaurer un volume naturel et éviter l’aspect « vidé » du sein après le retrait.

Je recommande une consultation annuelle avec votre chirurgien ou votre gynécologue. À partir de la septième année suivant la pose, je conseille de réaliser une échographie mammaire tous les 1 à 2 ans pour vérifier l’intégrité de l’enveloppe de vos prothèses, même en l’absence de symptômes.