Chirurgie de la silhouette

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Comment atténuer une cicatrice après une opération ?

Toute opération chirurgicale implique la formation de cicatrices, qu’ils s’agissent de chirurgie du visage, de chirurgie des seins, de chirurgie de la silhouette ou encore de chirurgie intime. Les cicatrices peuvent également faire suite à un traumatisme chez les patients ou tout simplement à l’acné.

En effet, les lésions cutanées induisent un processus de réparation et de régénération des tissus. C’est ce que l’on appelle la cicatrisation. Quelles en sont les différentes étapes ? Comment améliorer l’aspect d’une cicatrice ? Pourquoi faut-il miser sur la prévention ? Le point avec le Dr Runge.

Comment atténuer une cicatrice après une opération | Dr Runge | Paris 7

En résumé :

La cicatrisation est un processus long, s’étendant sur près de deux ans, passant par une phase inflammatoire avant de se remodeler. Pour obtenir une trace quasi invisible, une stratégie de prévention rigoureuse est nécessaire : hydratation, massages réguliers et protection solaire absolue.

Mon Avis : La patience est votre meilleure alliée ; une cicatrice qui paraît inquiétante à 3 mois peut devenir magnifique à 18 mois si l’on respecte les soins quotidiens.

Comment se passe la cicatrisation d’une plaie opératoire ?

La cicatrisation d’une plaie opératoire suit différentes étapes. Le bon déroulement de chacune d’elles est essentiel pour assurer la formation d’une cicatrice de qualité.

Etape 1 de la cicatrisation : juste après l’intervention chirurgicale

Cette première phase débute juste après l’intervention et dure environ 2 semaines. Les vaisseaux sanguins locaux se dilatent, les cellules de la peau se multiplient et synthétisent les nouveaux composants du derme (fibres de collagène et d’élastine notamment). La cicatrice est généralement fine durant cette étape.

Etape 2 de la cicatrisation : les premiers mois postopératoires

La phase 2 correspond aux premiers mois postopératoires (jusqu’à 6 mois). Pendant ce temps, la cicatrice va évoluer en profondeur. Elle devient inflammatoire, elle est parfois marquée par une rougeur, un œdème, une douleur et une augmentation de la température locale. Les démangeaisons sont également fréquentes.

Etape 3 de la cicatrisation : le remodelage

Après cela, la cicatrice va commencer à blanchir et à s’assouplir. Il s’agit de la phase de remodelage. Cette étape peut durer jusqu’à 2 ans. A terme, les patients peuvent constater l’aspect final de leur cicatrice : plus blanche, souple et insensible.

Différents problèmes de cicatrisation possibles

Si toutes ces étapes ne suivent pas correctement leur cours, la cicatrice peut, in fine, présenter une forme disgracieuse voire gênante. A noter que les antécédents de cicatrices existantes peuvent être prédictifs du résultat d’une nouvelle cicatrice. De même, les patients présentant un phototype de peau foncé sont plus sujets aux risques de cicatrices anormales. Une anomalie génétique pourrait également être à l’origine de ces complications.

Les problèmes de cicatrices peuvent même devenir un complexe important. Il peut s’agir :

  • De cicatrices d’acné : des taches brunâtres ou des cicatrices ayant un aspect “creux”
  • Des cicatrices hypertrophiques : à l’apparence relativement bombée, à l’aspect rougeâtre et qui peuvent faire l’objet de démangeaisons. Elles prennent généralement l’aspect d’un cordon épais, de largeur augmentée et variable.
  • De cicatrices chéloïdes : lorsque le tissu cicatriciel ne se limite pas à la plaie initiale et qu’elle envahit d’autres parties de la peau. Elles sont volumineuses, parfois douloureuses, et peuvent générer des démangeaisons.

Deux questions se posent dès lors : comment atténuer au maximum une cicatrice et quels sont les bons réflexes pour favoriser la cicatrisation ?

Les bons réflexes pour améliorer l’apparence des cicatrices

Pour disposer d’une cicatrice la plus discrète possible, il est indispensable de mettre en œuvre une véritable stratégie de prévention durant toutes les phases de la cicatrisation. Voici les bons réflexes à adopter.

Hydrater la cicatrice

Pour commencer, s’il est déconseillé de gratter la croûte de votre cicatrice lors de la guérison, il est recommandé de l’hydrater en profondeur, par exemple avec de l’huile végétale ou une crème adaptée. Ainsi, vous évitez les tensions de tiraillements et apportez tous les éléments nécessaires à la régénération de la peau.

Protéger la plaie à l’aide de pansements

Pour faciliter la cicatrisation, il est également important de protéger la plaie contre les agressions extérieures, à l’aide de gels ou de pansements compressifs. Les pansements en silicone sont particulièrement efficaces. En vente libre en pharmacie, ils favorisent l’hydratation du tissu cicatriciel, permettent d’atténuer sa coloration, de limiter les démangeaisons ainsi que l’inconfort.

Masser la cicatrice

Masser sa cicatrice permet d’assouplir les tissus, de réduire les adhérences, de stimuler la microcirculation et d’améliorer progressivement l’aspect de la cicatrice. Les massages sont possibles dès que les croûtes ont disparu. Allez-y doucement au début puis adoptez un massage en profondeur lorsque la cicatrice est ancienne. La régularité est ici très importante pour obtenir de bons résultats.

Protéger la cicatrice du soleil

Les cicatrices détestent le bronzage et le soleil. Si vous décidez de les y exposer, vous risquez de renforcer la production de mélanine et donc d’accentuer leur coloration, sans compter que le soleil accélère le vieillissement de la peau. Double conséquence négative !

Veillez donc à éviter les rayons UV pendant toute la période de maturation de la cicatrice, c’est-à-dire la première année après votre opération chirurgicale à minima. Par la suite, utilisez toujours de la crème écran total indice 50 lorsque vous exposez vos cicatrices au soleil.

Quels traitements pour atténuer une cicatrice ?

Si l’objectif est d’atténuer des cicatrices anciennes, vous pouvez vous tourner vers la médecine esthétique. Différentes technologies ont fait leurs preuves, à l’instar du laser. Les traitements au laser permettent en effet d’améliorer les résultats face aux cicatrices chirurgicales et traces laissées par l’acné. On parle aussi de relissage fractionnel.

Les injections de corticoïdes peuvent aussi atténuer les cicatrices de type chéloïdes. Les corticoïdes sont injectés sur toute la longueur du derme de la cicatrice. Ce traitement est utilisé lors du processus de cicatrisation jusqu’à une à 2 années postopératoires. Généralement, les injections sont espacées toutes les 3 à 6 semaines.

Bien que faire totalement disparaître une cicatrice relève de l’impossible, ces quelques réflexes et traitements peuvent vous aider à rendre votre cicatrice aussi discrète que possible.

FAQ

Je considère qu’une cicatrice atteint sa maturité complète entre 18 et 24 mois après l’intervention. C’est le temps nécessaire pour que le tissu se remodèle totalement, s’assouplisse et perde sa coloration rosée pour devenir blanche et fine.

C’est une étape normale du processus, appelée phase inflammatoire. Entre le 1er et le 6ème mois, l’activité des cellules de réparation est maximale, ce qui peut rendre la cicatrice rouge, chaude, voire un peu sensible. Si ce relief persiste ou s’étend, je vérifierai s’il ne s’agit pas d’une cicatrice hypertrophique.

Oui, mais la cicatrice doit être totalement couverte. Durant la première année, je déconseille toute exposition directe au soleil, car les UV peuvent fixer la couleur rouge et provoquer une pigmentation brune définitive. Si l’exposition est inévitable, appliquez un écran total indice 50 toutes les deux heures.

J’autorise les massages dès que les croûtes sont tombées et que la plaie est parfaitement refermée, généralement vers la 3ème semaine. Je vous montrerai comment réaliser des mouvements circulaires et des pressions pour « casser » les adhérences et assouplir la zone.

Elles sont essentielles pour maintenir un milieu hydraté, ce qui favorise une régénération cellulaire de qualité. Je recommande souvent des crèmes à base de silicone ou des gels spécifiques qui créent une barrière protectrice et limitent les risques de cicatrices en relief (hypertrophiques).

Absolument. En tant que chirurgien, je ne peux que souligner que le tabac réduit l’oxygénation des tissus. Cela augmente considérablement le risque de désunion de la cicatrice (ouverture), de nécrose et, à terme, donne des cicatrices plus larges et moins esthétiques.

Les démangeaisons sont fréquentes durant la phase de remodelage. Je vous conseille de bien hydrater la zone et d’utiliser des pansements siliconés compressifs qui calment souvent ces sensations. Si cela devient insupportable, n’hésitez pas à me consulter pour vérifier l’absence d’évolution chéloïde.

Il est impossible de faire disparaître une cicatrice à 100 %, car le derme a été sectionné. En revanche, le laser est un outil formidable que j’utilise pour lisser le relief, atténuer les rougeurs ou traiter les cicatrices d’acné « en creux », rendant la trace extrêmement discrète.

Il existe une part de génétique et de phototype : les peaux foncées ou asiatiques y sont plus sujettes. Si vous avez déjà fait une cicatrice volumineuse qui a débordé de la plaie initiale, prévenez-moi avant l’opération afin que je mette en place un protocole de prévention spécifique (injections, compression).

Une alimentation riche en protéines, en vitamine C et en zinc aide votre corps à synthétiser le nouveau collagène. Je conseille à mes patientes de veiller à leur équilibre nutritionnel et de bien s’hydrater de l’intérieur pour donner à leur peau toutes les chances de bien se réparer.